Qui sont les Réunionnais ? Dans cette île bien plus qu'ailleurs, il est difficile de découper la population en tranches, de la classer en catégories. Sous le tropique du Capricorne, la froideur de la statistique est définitivement vaincue par les sentiments, qui dès l'origine ont amené les habitants de l'île à s'unir, bravant allégrement les frontières des couleurs de peau. Une chose est sûre : La Réunion compte 700 000 habitants aux origines diverses et souvent multiples. Les premiers venus étaient des Français aventuriers, accompagnés d'hommes et de femmes malgaches plus ou moins volontaires. Rapidement, des Indes portugaises, viennent les premiers apports du vaste sous-continent.
 
Les premières décennies de l'histoire de Bourbon sont permissives, l'autorité du roi et du clergé n'y est guère affirmée. Très vite la population initiale se métisse au gré des premières unions, des premières naissances. Mais la mise en exploitation de la colonie par la Compagnie des Indes, dès la fin du XVllème siècle, va bouleverser les modes de vie.
 
Le recours à l'esclavage devient systématique. Les bateaux négriers débarquent sur les côtes de Bourbon des milliers d'hommes et de femmes achetés par les trafiquants sur les côtes de Madagascar et de l'Afrique. La population noire, devenue largement majoritaire, fait la prospérité de la colonie en souffrant sous les chaînes. Elles ne lui seront définitivement enlevées qu'en 1848.
 
Après l'abolition de l'esclavage, les champs de cannes réclament toujours plus de bras et les colons font appel à une autre population : celles des ''engagés'' venus sous contrat des côtes Sud-Est de l'Inde. Un voyage sans retour pour la plupart de ces Tamouls, qui apportent dans la colonie française leur mode de vie et leur religion, l'hindouisme. Plus tard, d'autres émigrations volontaires toucheront l'île : celle des Indiens musulmans, venus du Goujrat, et des Chinois. Les mariages mixtes seront toujours plus nombreux au fil du temps. Les visages des Réunionnais d'aujourd'hui sont de lait ou d'ébène, mais trahissent plus souvent les sangs mêlés des ancêtres.
 
La beauté du métissage se révèle dans toute sa diversité, à chaque coin de rue de l'île. Des termes plus ou moins familiers subsistent tout de même pour désigner les origines respectives : ''cafre'' pour les Noirs aux traits africains, ''malbar'' pour les Indiens, ''zarab'' pour les Indiens musulmans, ''yab'' pour les Blancs de condition modeste des Hauts de l'île.
 
 
 
 
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