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Ce qui
m'a le plus surpris dans cette île, c'est d'une part ce relief tourmenté
et d'autre part, la végétation.
Dans le premier cas, j'ai eu l'impression que l'érosion n'avait pas
encore fait son travail ce qui souligne le caractère sauvage de la nature.
Pour la végétation elle est partout, même sur les pentes quasi verticales
des montagnes. La moindre cavité a sa plante. Il faut aller au abords
du volcan actif de la Fournaise pour rencontrer des zones absolument
désertiques et là encore la transition est brutale. Vous montez dans
la végétation et au sommet, vous découvrez une immense cuvette où plus
rien ou presque ne pousse.
Il y a même des zones habitées où il n'y a aucune route pour s'y rendre.
Des chemins en ouvrent l'accès et sinon, c'est l'hélicoptère.
A ce propos, je vous propose une petite balade virtuelle dans ce moyen
de transport si bien adapté au tourisme. Mais attention, il faut vous
lever de bonne heure car en fin de matinée les nuages envahissent les
cirques et la montagne.
Vous êtes prêts? Les ceintures sont bien attachées? Vous entendez les
pales siffler au dessus de votre tête et derrière votre dos le réacteur
ronronne. Attention décollage.
En
fait, cela ne fait pas plus d'effet qu'un ascenseur au départ; il est
vrai que nous avons un très bon pilote. Petit virage et nous survolons
la côte avec son lagon et ses plages de St Gilles les Bains jusque Boucan
Canot. Un paille-en-queue, mécontent d'être dérangé, nous interpelle
( il est vraiment en colère ).
Une frange blanche marque délicatement la barrière de corail; au delà
les bleus de l'océan foncent très vite car la côte est assez abrupte.
Petit virage par la droite et nous suivons la pente du sol qui monte
régulièrement vers le piton Maïdo ( 2190 m ). Au fur et à mesure de
notre ascension, la végétation varie quelque peu, aux plantations de
cannes à sucre pour le rhum Messieurs succèdent des plantations de géranium
pour la parfumerie Mesdames.
Nous arrivons au Maïdo et ah, ah, ah !!! C'est splendide. Le cirque
de Mafaté s'étale sous nos yeux, encadré de montagnes ( le dos d'âne,
la Roche écrite et le Gimendef : 2227 m ). Accrochez vous bien, nous
plongeons carrément dans la dénivellation de 1000 m et je sens mes orteils
qui font de l'escalade dans mes socquettes. Un lieu magnifique et riche
en sentiers de randonnée. Tiens voilà le facteur qui fait, à pieds sa
tournée qui dure une semaine.
Nous sautons Le Grand Benard ( 2896 m ), laissant à notre gauche Le
Piton des Neiges ( 3069 m ) et Brrr. Brrr. nous plongeons dans le cirque
de Cilaos. Partout le regard se heurte à d'impressionnantes falaises.
C'est le cirque des Dames car c'est le pays des Orchidées ( je suis
gentil, Hun ! Pas toujours ).
Après avoir survolé la plaine des Cafres, nous arrivons au Piton de
la Fournaise.
Le soleil nous caresse toujours de ses rayons. Un seul regret, j'ai
pris bien sur, mon caméscope mais j'ai plein de reflets avec la verrière
de la cabine de l'hélicoptère; par contre la vue est idéale, pas aussi
étendue que d'un delta-plane mais on va où l'on veut.
Nous mettons maintenant le cap sur le Piton de la Fournaise ( 2631 m
) qui passe pour un des plus beau volcan en activité du monde. Nous
survolons d'abord la plaine des sables, décor lunaire d'où émergent
les ruines des pitons éteints, aux étranges laves rouges et noires.
Après avoir franchi le Pas de Bellecombe, falaise de la dernière caldeira,
nous survolons une mer de laves figées, qui monte progressivement jusqu'aux
cratères Bory et du Dolomieu. Le tour des cratères s'achève par la Fournaise,
trouée béante aux flancs rouges et jaunes d'où s'échappent des nappes
de brouillard.
Petit passage au dessus de la plaine des Palmistes où on aperçoit des
Fougères arborescentes hautes comme des palmiers. Tout à coup, nous
descendons à basse altitude et nous nous engouffrons dans une gorge
suffisamment large pour l'hélicoptère mais assez haute pour vous donner
l'envie de pousser les murs. Partout, la végétation et l'eau et toujours
la végétation luxuriante. La surprise nous attend au fond de la gorge.
C'est à vous couper le souffle. L'hélicoptère débouche dans un vaste
cirque: "Le Trou-de-Fer". C'est une vaste cheminée de 400 m de hauteur.
Du sommet jaillissent des cascades dont les volutes s'enroulent et se
déroulent et se chamarrent d'arcs-en-ciel multiples sous les rayons
du soleil. Nous entamons une lente rotation tout en montant le long
de la falaise pour déboucher au sommet, le souffle coupé par tant de
beauté.
C'est ensuite le chemin du retour, nous nous posons en douceur et ce
petit voyage restera gravé dans nos cours.
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