Une conférence à l'hôtel de Ville par un astr onome hollandais. - Lettre de M. Ou demans à M. Auguste Vinson.
La fin de notre siècle devait être témoin d'un grand fait astronomique : le passage de la planète Vénus sur le Soleil. On allait avoir à appliquer à cet évènement solennel les appareils de perfectionnement et de précision dus aux découvertes modernes. La photographie avec son importante autorité de temps, de lieu, de vérité physique devait saisir et imprimer d'une manière permanente toutes les phases mobiles successives et fugitives du phénomène sidéral. Quel événement ! Quelle solennité ! Quelle occasion de réviser les calculs de la distance du soleil à la terre ! Car on sait que les mesures prises pendant ce phénomène ont pour but de calculer cette distance avec une exactitude plus grande que celle que fournissent les autres méthodes.
Pour nos îles, ce passage de la planète sur le disque solaire devait avoir lien le 9 décembre 1874 de sept heures ¼ à onze heures ½ du matin.
Des commissions astronomiques et savantes, présidées par des sommités, devaient se transporter à grands frais dans les diverses contrées où le phénomène allait être visible et pouvait être saisi. Elles étaient envoyées et patronnées par les plus grandes nations. Une d'elles, choisie par l'Académie des Sciences de Paris, et présidée par le capitaine de vaisseau Mouchez, devait faire escale à l'île de la Réunion et aller stationner à l'île Saint-Paul à l'extrémité de l'Océan Indien. Une autre, envoyée par le roi de Hollande et présidée par un savant astronome de l'observatoire de Batavia*, M. Oudemans, devait se placer et observer à l'île de la Réunion même. Les deux commissions furent à leur poste longtemps avant le jour où le passage devait avoir lieu et elles faisaient leurs préparatifs.
On se demandera tout d'abord comment la Hollande avait choisi l'île de la Réunion, quand la France, sortant de chez elle, se portait au loin sur une petite île inhospitalière, un vrai cratère perdu à l'extrémité Sud de la mer des Indes ? Cette singularité apparente trouve une raison majeure qui fut prise en considération par les astronomes de Paris. Dans l'océan Indien, comme l'a dit M. Cazin, un des membres de la commission scientifique française, les îles Saint-Paul et Amsterdam, ont été désignées comme des stations excellentes. Le phénomène devait y être vu aux heures du jour les plus favorables, tandis que, à l'île de la réunion, par exemple, l'entrée avait lieu trop près du lever du soleil, et alors l'influence de l'atmosphère sur la direction des rayons lumineux pouvait troubler l'observation.
Les Hollandais furent, parait-il, un peu moins préoccupés que nous de ces obstacles atmosphériques.
Pendant plusieurs jours on avait pu voir, en plein midi, cheminant au zénith la planète Vénus, malgré un soleil radieux, brillante comme une belle étoile. Tout le monde avait pu jouir de ce spectacle à l'île de la Réunion, sans le secours d'aucune lunette. Mais pour toutes ces îles, décembre était la saison tempestueuse, où les jours sont souvent troublés. Il fallait donc compter sur le hasard.
On était arrivé au 9, au moment solennel.
A l'île de la Réunion, à Saint-Denis, où étaient établis les appareils de la station hollandaise, des nuages traversant l'atmosphère, sous l'influence d'une forte brise, avec des éclaircies alternatives et de courte durée, rendirent l'observation difficile. Cependant, aux moments propices, la commission put faire un certain nombre d'opérations importantes et les fixer.
En dépit de cette défaveur intermittente, les observations faites par la commission hollandaise sous la conduite de son chef habile, ne furent pas sans une très grande valeur et furent encore nombreuses.
Aux îles Saint-Paul et Amsterdam, l'observation du passage de Vénus sur le Soleil se fit dans des circonstances très dramatiques. La commission s'y préparait depuis plusieurs semaines. Sur une terre déserte, sauvage, inhospitalière, son rôle était ingrat. A l'île Amsterdam, la mise à terre des appareils était jugée impraticable. On avait dû choisir l'île Saint-Paul, où le débarquement était moins difficile.
Mais là, un obstacle inquiétant était dressé et prévu. Au-dessus de l'île régnait une couronne de nuages pour ainsi dire permanente, car aussitôt dispersée par les vents violents, elle était sans cesse reformée par ces vents et par la vapeur qui s'élevait des sources thermales d'une température très élevée.
Une fréquence de pluies et de nuages avait deux mois durant précédé l'époque du passage de Vénus. La couronne de brouillards, plus intense que jamais, couvrait le sommet de l'île, semblable, dit-on, à une fumée volcanique, et cachait le soleil comme un écran. Que faire, dans ces tristes conjonctures, avec des perspectives si inquiétantes ? A mesure qu'on se rapprochait de l'époque attendue, les rafales se succédaient plus violentes comme dans une tempête ; une enlevait le funeste bandeau ; une autre le replaçait tout entier. Enfin le 8 on terminait les préparatifs, et une pluie incessante tombait depuis deux jours ! La mission était dans un abattement profond. Tant de soucis, tant de soins allaient être perdus ! La. nuit se passa dans l'anxiété la plus vive. Mais au 9, quel spectacle ! Le lever du soleil est râdieux et splendide ! ... L'atmosphère pure et libre ! L'effet de la tempête a été propice : elle a fait disparaître en entier le brouillard incommode. Les opérations vont commencer sous d'admirables auspices ! A l'heure prévue pour l'entrée, le bord solaire s'échancre peu à peu, et Vénus, comme un petit cercle noir, 32 fois plus petit que le disque solaire lui-même, chemine en ligne droite sur lui jusqu'à sa sortie, où l'échancrure commence sur le bord interne, finit graduellement et disparaît.
Le phénomène céleste a duré quatre heures. Mais pendant tout ce temps une admirable pureté a régné dans l'air, sur l'île Saint-Paul ! ... Quatre heures de silence, de travail, de recueillement et d'anxiété par la crainte de voir cesser tout-à-coup l'influence favorable. Il n'en fut rien heureusement. Le succès a été complet, aussi étendu qu'on pouvait le souhaiter.
La Dives , majestueuse et sombre comme le sanctuaire de la patrie, ancrée devant l'île Saint-Paul, hissait son pavillon national et saluait en tonnant de tous ses canons ce résultat, la gloire de la France ! ... Loin de la patrie, à 500 lieues de tout continent, perdus sur cet îlot désert avec les oiseaux sauvages des mers, combien ces coeurs français ont dû être remués par ces souvenirs de patrie, d'honneur et de gloire ! La France, humiliée par un échec des armes, retrouvait tout à coup dans ce fait scientifique et durable une revanche légitime, un prestige incomparable. Elle était au premier rang. Cette conquête de la science, aidée par Dieu, nul ne peut la lui ravir !
Il était temps ! À peine le phénomène céleste venait de s'accomplir qu'une seconde tempête reprenait possession du ciel de l'île Saint-Paul. De sorte qu'on a pu dire avec justesse, que, par un bonheur inouï, entre deux coups de vent, accompagnés de pluies abondantes, il y a eu le jour du passage de Vénus sur le soleil, une éclaircie qui a duré toute la matinée. Les quatre contacts de la planète ont été observés aux équatoriaux par M. Mouchez, capitaine de vaisseau. Des photographies du phénomène, dans ses diverses phases, ont été prises par M. Cazin, professeur de physique du Lycée Fontanes, à Paris. Le nombre des épreuves obtenues, pouvant servir à des mesures précises, s'élève à cinq cents.
Le succès a donc été complet et inespéré, puisque durant le séjour de trois mois fait par la commission à l'île Saint-Paul, on ne compta pas trois jours entiers de beau temps.
Vers la seconde moitié de janvier 1875, la commission scientifique française effectua son retour à Saint-Denis, île de la Réunion, où ses membres arrivèrent sains et saufs, acclamés par des frères, des français.
Bientôt les deux commissions scientifiques de France et de Hollande reprirent le chemin de l'Europe emportant un riche butin scientifique, un trésor inappréciable.
Mais avant de quitter cette île française et hospitalière qui les avait si bien accueillies, M. Cazin voulut bien faire à l'hôtel de Ville de Saint-Denis une éloquente conférence du passage de Vénus sur le Soleil. Cet exposé, dont nous avons donné un récit dramatique et succinct, éveilla de chaleureux applaudissements. Il avait été devancé, dans ce genre d'exposition par l'habile président de la commission de Hollande.
Voici l'appréciation que nous avons donnée dans les journaux de cette conférence :
UNE CONFÉRENCE ASTRONOMIQUE
à l'hôtel de Ville de Saint-Denis.
Le 24 Décembre 1874, un savant étranger M. Oudemans, président de la mission scientifique de la Hollande, venue à l'Ile de la Réunion pour observer le passage de Vénus sur le Soleil, a bien voulu nous faire l'honneur d'une conférence astronomique. Jamais pareil sujet n'avait été traité en public dans notre colonie. Un moment nous avons assisté à l'une de ces magnifiques leçons que l'illustre Arago faisait dans le grand amphithéâtre de l'Observatoire de Paris, devant un si nombreux auditoire d'hommes et de femmes élégantes, et où plus d'une fois nous avons vu le célèbre Alexandre de Humboldt, assis près de la statue en pied de Jean-Dominique Cassini, écouter avec une attention soutenue le grand astronome français. Cassini, Arago, de Humboldt, quels rapprochements bien dignes d'être admirés !
Une société nombreuse évaluée à plus de quatre cents personnes, l'élite de ce que la ville de Saint-Denis offre de plus distingué parmi ses habitants et dans le haut commerce, et de plus une jeunesse qui cherche à s'élever en prenant une place dans le culte de ce qui fait essentiellement l'homme, tout ce public de distinction avait dès huit heures du soir, rempli une des salles les mieux appropriées de l'Hôtel de Ville. On y avait disposé des dessins représentant le planisphère au jour du passage de Vénus sur le Soleil, dus à la main habile de notre ami M. Roussin. Les parties de la Terre, vues à ce moment du Soleil et de Vénus, étaient teintées en bleu foncé. Une petite machine enfermant deux cercles en métal doré, se coupant l'un horizontalement et l'autre obliquement, représentaient l'image du plan de l'écliptique de la Terre et celui de l'écliptique de Vénus. On voyait, entr'autres figures, celles des phases de la Lune complètement et incomplètement éclairée par le Soleil. D'autres donnaient la manière de mesurer exactement les distances qu'on ne peut franchir que de l'œil ; et d'autres enfin les rapports de la Terre, du Soleil, de Mars et de Vénus.
Le tableau à l'huile de Fontenay représentant si bien la Solfatare de la Guadeloupe n'était même pas un hors-d'oeuvre dans un fond de salle où devait parler et se mouvoir un savant distingué.
M. Oudemans, avec l'aisance d'un professeur achevé, d'un savant consommé et bien sûr de lui-même, nous a tenu deux heures sous le charme de sa parole instructive et facile.
Celui qui, à ce moment et sans être averti, serait entré dans la salle de la conférence, ne se serait pas douté en l'entendant, que M. Oudemans parlait dans une langue étrangère, autre que sa langue maternelle. Bien que, dans son exorde, il se soit excusé sur ce point ; bien que, sur un autre, la science, sa modestie trop grande nous ait dit qu'il ne fallait point s'attendre à trouver en lui un Arago ou un Delaunay, le public n'a pas été de son avis. Il a jugé, au contraire, que M. Oudemans parlait fort bien et ferait très bonne figure parmi les improvisateurs français et, autant qu'il a pu le voir, que ce savant était bien de la compagnie de ceux qu'il élevait si haut et qu'il aurait pu dire à cet égard, comme Dante entre Homère et Virgile :
« Et j'étais du nombre de ces esprits. »
M. Oudemans nous a fait un exposé des connaissances premières de l'Astronomie, de ses observations, de ses tâtonnements à son berceau. Il nous a fait successivement passer en revue les personnages de génie de tous les temps, de tous les siècles, apportant leur tribut : Erasistrate, Hipparque, Ptolémée ; puis enjambant sur un long silence, sont apparus comme des révélateurs : Copernic, Tycho-Brahé, Képler, Halley, chaque savant faisant faire un pas de géant à cette sublime science demeurée si longtemps stationnaire ; il nous a parlé de la distinction première des étoiles fixes et des cinq étoiles mobiles. La préoccupation constante de la mensuration de la distance de la Terre à la Lune ; celle de la Terre au Soleil ; la manière ingénieuse d'arriver à la connaissance exacte de ces distances ; les lois fondamentales de l'astronomie établies par les gigantesques travaux des hommes de génie que nous venons de nommer ; enfin, la nécessité, pour mesurer la distance de la Terre au Soleil, de recourir à l'observation du passage de Mercure et de Vénus sur le Soleil, impuissants que nous étions à trouver sur notre globe lui-même un diamètre suffisant pour arriver à un but aussi immense dans ses proportions.
Nous craindrions, en nous aventurant davantage vers une science dont le savoir pour nous est loin de répondre à notre amour pour elle, de compromettre le savant conférencier; nous pouvons dire que les principaux passages de son discours ont été sténographiés par un de nos compatriotes, passages qu'a bien voulu revoir M. Oudemans lui-même et que ce travail sera livré bientôt à la publicité. Nous ne voulons pas devancer ces moments, ni altérer ce sujet dans un compte-rendu nécessairement très succinct d'une séance qui n'a pas duré moins de deux heures, qui a toujours été si intéressante et si claire, pleine de faits scientifiques du premier ordre, où il nous serait impossible de suivre M. Oudemans même «NON PASSIBUS AEQUIS».
Tout ce que nous pouvons, c'est de traduire ici et bien incomplètement les impressions faites sur nous et sur l'auditoire.
Après avoir énuméré toutes les stations si multipliées que l'Europe savante et l'Amérique ont espacées sur les contrées, les îles et les rochers où le phénomène 'céleste' devait être observé, on se demandera, a dit M. Oudemans, le but de tant de dépenses et de déplacements ? Il y a dans ces faits, a répondu le savant astronome, des obligations de deux sortes : des raisons scientifiques et des raisons morales, et après les avoir développées et avoir montré chaque nation jalouse d'y concourir, la France, l'Angleterre, la Russie, L'Amérique... « notre petit pays, a dit avec émotion, M. Oudemans, n'a pas voulu demeurer en arrière » A ces mots des salves d'applaudissements qui ont dû retentir jusqu'au fond du coeur de M. Oudemans, lui ont certainement apporté le témoignage de toute la sympathie d'une colonie de la France pour sa patrie et lui rappeler qu'un pays n'était jamais petit quand il savait faire de grandes choses.
Un tact délicat, vivement apprécié par l'auditoire, c'est le soin, en nommant les différents peuples qui ont contribué à l'étude du phénomène céleste qui nous occupe, d'avoir nommé quelquefois les stations astronomiques sans dire la nation, quand son nom eût blessé des oreilles françaises en rappelant nos récents malheurs. C'est une attention extrême dont nous savons infiniment gré à M. Oudemans.
M. Oudemans nous a montré le nouveau passage qui aura lieu dans huit ans, de la planète Vénus sur le Soleil. Il nous a dit de quelle façon se fera ce parcours. Après cela, nous a-t-il dit, le phénomène ne se représentera plus qu'en l'an 7 juin 2004 ! « Il faut être un peu patient » a-t-il ajouté ! Un petit sourire, quelque peu semblable à une rose qui se berce sur un abîme où demain rouleront ses pétales, a parcouru le noble auditoire. Il n'y avait là rien de voltairien. Si spirituel qu'il parût, le mot du professeur était naturel, scientifique et profond ! Il voulait dire qu'il fallait attendre l'arme au bras et ne pas perdre de vue les indications du passé. C'était comme le testament du vieux Halley à la science. M. Oudemans donnait, à son tour, par ces mots, une idée magnifique de la valeur suprême de cette science. Il disait par là, combien exacts et immortels sont ses lois et ses calculs ! Ainsi les savants, les hommes de génie, qui doivent observer ces faits si bien précisés, aujourd'hui à l'heure, à la minute, à la seconde même, ces savants, ces génies ne sont point nés encore, ni même en germe ; les bois qui doivent entrer dans la construction des vaisseaux qui les porteront sur les divers rivages où le phénomène céleste devra être observé, ces bois ne sont ni préparés, ni plantés, et la science a d'avance fixé l'année, le jour, l'heure, la minute et la seconde où s'accompliront ces faits indestructibles et qui sont dans l'ordre naturel de l'univers. Et l'esprit humain ne comprendrait point quelle est devant ces mystères dévoilés, ces pronostics si certains de l'avenir, quelle est, dis-je, la merveilleuse grandeur de ces facultés et quelle est l'immensité de Celui dont elles relèvent !
En remerciant M. Oudemans de sa gracieuse attention, dont nous avons voulu prendre acte, il nous est agréable de proclamer ici, que des hommes tels que lui honorent, par les beaux côtés, une nation amie de l'humanité, de la science et de notre chère France.
C'était le 26 janvier 1875 que nous publions cette notice dans le Journal du Commerce dont nous envoyâmes une copie à M.Oudemans.
Les conférences de MM. Oudemans et Cazin furent insérées dans le Bulletin des Sciences et des Arts. Elles sont pleines d'intérêt.
Hommes de mon pays, mes chers contemporains, vous avez été assez heureux pour entendre comme moi ces récits, dont les souvenirs demeureront gravés dans votre mémoire jusqu'à vos derniers jours ! Il m'est doux de les rappeler ici; de dire que, en touchant le sol de la France et après avoir exposé les résultats de sa mission, M. le capitaine de vaisseau Mouchez fut comblé d'honneurs. Il couvrait de gloire la marine et la science.
Il fut nommé contre-amiral, membre de l'Institut et bientôt après Directeur de l'Observatoire de Paris. De son côté, le roi de Hollande nommait M. Oudemans professeur d'Astronomie à l'Université d'Utrecht.
De telles distinctions honorent la nation qui les décerne et sont plus précieuses que la gloire obtenue dans les conquêtes au milieu des torrents de sang et de larmes.
Dr AUG. VINSON.
d. m. p.
Voici la lettre que M. Oudemans me fit l'honneur de m'adresser.
« Batavia* le 18 juillet 1875
Cher Docteur,
« En écrivant à St-Denis, je ne puis me passer d'écrire quelques lignes pour vous remercier de l'envoi du numéro du 26 janvier du Journal du Commerce, mais pour vous gronder en même temps de l'exagération dont vous vous êtes rendu coupable, car réellement votre article est trop flatteur ; et je l'attribue pour la plus grande partie à la bienveillance, appréciée partout, que vous autres français, vous avez toujours pour les étrangers.
« Mais, en tout cas, ce ne pouvait m'être qu'agréable de voir qu'il m'a été possible d'intéresser mon auditoire. Cela me donne un peu d'espoir, car le gouvernement de la Patrie m'a nommé nouvellement professeur d'Astronomie à l'Université d'Utrecht, de manière que je devrai quitter cette belle Colonie le mois prochain. En toutes circonstances, retourné en Europe, mon séjour à St-Denis sera toujours un de mes plus agréables souvenirs. J'ai aussi reçu, il y a deux mois, une lettre fort aimable du commandant Mouchez dont vous connaissez tous le bonheur extrême d'avoir eu beau temps, lors du passage, dans le calme entre deux coups de vent.
« Agréez, Monsieur le Docteur, l'assurance de ma plus haute considération et croyez-moi
« Votre dévoué serviteur,
« OUDEMANS. »
*Jakarta ou Djakarta (anc. Batavia) capitale de l'Indonésie, dans l'ouest de Java.