- le jour, durée séparant deux passages consécutifs du Soleil au méridien (calendrier julien),
- le mois, lunaire à l’origine,
- l’année, qui peut être :
- lunaire (calendrier musulman),
- solaire (calendrier civil, calendrier tamoul),
- luni-solaire (calendrier chinois).
La
notion d’ère est purement conventionnelle et liée aux
religions ou sociétés. Quand un peuple créait un nouveau
calendrier, il devait choisir un point de départ, une année
« un » (et pas « zéro » car ce nombre a été
inventé tardivement). Le choix fut de nature historique ou imaginaire,
symbolique… Mais ce ne fut jamais l’année de la décision
: toujours une année d’un passé plus ou moins lointain
et souvent imaginaire.
C’est ainsi que le calendrier musulman fut adopté vers l’an
632 et a pour origine le jour où Mahomet quitta la Mecque pour Médine
en l’an 622 (Hégire).
L’origine du calendrier israélite est la date présumée
de la Création ; c’est ainsi que l’année hébraïque
5761 a débuté le 30 septembre 2000. Par analogie, remarquons
que la théorie du Big Bang fait remonter la naissance de l’Univers
à 15 milliards d’années et celle de la Terre à
4,5 milliards…
Les bouddhistes prennent pour point de départ l’année
de la mort de Bouddha ; Nous allons donc atteindre l’année 2546
de ce calendrier.
L’ère japonaise commence avec l’accession au trône
du 1er souverain, en 660 av JC.
L’ère tamoule débute en 3101 av JC ; elle fut décidée
vers 400 ap JC.
Les trois dates précédentes ont été traduites
dans le calendrier civil actuel, descendant des calendriers romains. Ceux-ci
prennent pour point de départ la naissance supposée de Rome,
il y a 2753 ans.
Le choix de la naissance du Christ pour origine de notre calendrier le fut
sur proposition du moine Denys le Petit qui déclara que l’on
se trouvait en « l’an 532 de Notre Seigneur Jésus Christ,
indiction 10, épacte 0, … ». Il faisait donc remonter la
naissance de Jésus Christ à l’an 753 du calendrier julien
(en vigueur alors). Hélas, la tenue des éphémérides
n’était pas alors aussi régulière et aussi précise
qu’aujourd’hui : les recherches historiques contemporaines font
remonter cette naissance 5 ans plus tôt (+ ou – 2 ans).
LE
SOLEIL
Début des saisons astronomiques :
- Equinoxe de mars le mercredi 20 à 23h16,
- Solstice de juin le vendredi 21 à 17h24 (jour le plus court),
- Equinoxe de septembre le lundi 23 à 8h55,
- Solstice de décembre le dimanche 22 à 5h14 (jour le plus long).
Passages
du Soleil au zénith de la Réunion :
Du 14 au 16 janvier et du 26 au 28 novembre.
Distances
de la Terre au Soleil :
La Terre passera au périhélie de sa trajectoire le 2/01 à
147,1 millions de km du Soleil. Elle passera à l’aphélie
le 6/07 à 152,1 millions de km du Soleil.
Levers
et couchers du Soleil :
Jours où le Soleil se couche le plus tard : du 8 au 24 janvier.
Jours où le Soleil se couche le plus tôt : du 30 mai au 14 juin.
Jours où le Soleil se lève le plus tard : du 30 juin au 10 juillet.
Jours où le Soleil se lève le plus tôt : du 21 novembre
au 3 décembre.
Passage
au méridien de Saint-Denis le plus tard : le 11 février : 12h32.
Passage au méridien de Saint-Denis le plus tôt : le 3 novembre
: 12h02.
(Pour le méridien de Saint-Benoît, retrancher 1 minute ; pour
le méridien de Saint-Paul, ajouter 1 minute).
Le
zodiaque
Les éphémérides astronomiques permettent de calculer les heures «d’entrée» du centre du Soleil devant chacune des constellations zodiacales (à 5 min près) :
Capricorne
: 20/01 à 1h55 Verseau : 16/02 à 12h10 Poissons : 12/03 à
14h10
Bélier : 19/04 à 1h25 Taureau : 14/05 à 12h50 Gémeaux
: 21/06 à 20h45
Cancer : 21/07 à 1h25 Lion : 11/08 à 0h50 Vierge : 17/09 à
1h40
Balance : 31/10 à 14h05 Scorpion : 23/11 à 17h35 Ophiuchus :
30/11 à 5h00
Sagittaire : 18/12 à 12h05
De
plus, le 27 mars, une partie du Soleil est devant la Baleine alors que l’autre
partie est devant les Poissons.
Eclipse
de Soleil
Une éclipse totale de Soleil sera en partie visible de la Réunion le 4 décembre. Le phénomène débutera vers 9h38 ; le maximum de l’éclipse aura lieu à 10h55 (coefficient : 0,55) ; elle se terminera vers 12h20, presque au zénith.
Pour
voir le « Soleil noir », il faudra aller, par exemple, dans le
parc Krugger en Afrique du Sud. L’observatoire organise un voyage à
cette occasion.
LA
LUNE
Douze nouvelles lunes (N.L.) auront lieu en 2002.
La 2e N.L. (12/02 à 11h41) marquera le Jour de l’An chinois (an 4700).
La 3e N.L. (14/03 à 6h03) permettra de déterminer le jour de l’an musulman (an 1423).
C’est La 3e Pleine Lune (28/03 à 22h25) qui servira de repère à la détermination de la date de Pâques et, à partir de là, à celle des fêtes catholiques mobiles de Mardi Gras à Pentecôte (en application de la règle qui prévaut depuis le 1er concile de Nicée en 325).
La neuvième N.L. (7/09 à 7h10) marquera le nouvel an hébraïque (an 5763).
La onzième N.L. (5/11 à 0h34) servira de repère au début de Ramadan 1423.
La dernière N.L. (4/12 à 11h34) marquera la fin de Ramadan.
Des 14 passages au périgée, c’est celui du 28/02 qui sera le plus proche de la Terre (356 897 km) et celui du 19/06 le moins proche (369 309 km). Quant aux 13 passages à l’apogée, c’est celui du 14/03 qui sera le plus éloigné ( 406 707 km) et celui du 2/07 le moins éloigné (404 210 km).
A
chaque lunaison, la Lune passera angulairement près des étoiles
Aldébaran et Régulus.
LES
PLANETES
Les 5 planètes visibles à l’œil nu seront visibles ensemble, au crépuscule, du 20 avril au 20 mai environ. Le rapprochement apparent le plus « serré » aura lieu du 4 au 16 mai. La Lune sera dans la même région céleste du 13 au 16 mai. En mai, les 7 « luminaires » seront dans un secteur inférieur à 60° ; ce n’est pas pour cela que le ciel vous tombera sur la tête !!!
Mercure
effectuera environ quatre révolutions autour du Soleil, pendant que
la Terre en effectuera une, et reviendra presque 3 fois dans la même
position par rapport au couple Soleil Terre. Nous assisterons ainsi à
4 élongations maximales du soir (12/01, 4/05, 1/09 et 26/12) et trois
élongations maximales du matin (21/02, 21/06 et 13/10). Ces six dates
nous permettent de connaître les bonnes périodes de visibilité
de cette planète au crépuscule ou à l’aube. Mercure
sera repérable à proximité angulaire de la Lune au crépuscule
des 14 et 15/01, 13 et 14/05, 9 et 10/08, 8/09 et 4 et 5/12 ; à l’aube,
ce sera les 10 /02, 12/03, 9/06, 5 et 6/10.
Mercure sera en conjonction avec Saturne le 2/07.
Vénus
sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 14/01 ; inobservable
autour de cette date, elle devient belle étoile du soir pendant la
plus grande partie de l’année (maximum d’élongation
du soir le 22/08 à 46° du Soleil). En conjonction inférieure
avec le Soleil le 31/10, elle sera inobservable pendant une semaine et deviendra
ensuite « étoile du matin ».
Vous pourrez essayer de la voir le jour, à côté de la
Lune, les 13/01, 15/03, 13/07 et 30/12 principalement. Trois conjonctions
de Vénus avec d’autres planètes sont à retenir
cette année : une avec Saturne le 7/05, une avec Mars le 10/05 et la
dernière avec Jupiter le 3/06.
Mars,
la rougeâtre, en conjonction avec le Soleil le 11/08, ne sera pas visible
de mi-juillet à mi-septembre. Dès le mois de mai, son éclat
ne dépassera pas celui d’une étoile de 2e grandeur. Cette
petite planète sera donc difficile à repérer cette année
sauf voisinage
de la Lune ou de planètes ou étoiles brillantes. C’est
ainsi qu’elle sera à proximité angulaire de la Lune les
18/01, 14/05, 12/06, 5/10, 1 et 30/12. Elle sera en conjonction avec Saturne
le 4/05, avec Vénus le 10/05 et Jupiter le 3/07. A noter qu’elle
sera proche de Vénus en décembre.
Jupiter, en opposition avec le Soleil le 1/01, sera observable toute la nuit autour de cette date. En conjonction avec le Soleil le 20/07, elle ne sera pas repérable du 10 au 31/07 ; observer son lever héliaque en août. La planète géante, de couleur blanchâtre, sera à côté de la Lune les 26/01, 22 et 23/02, 22/03, 18 et 19/04, 16/05, 13 et 14/06, 6 et 7/08, 4 et 5/09, 2/01, 29/10, 26/11, 23 et 24/12. Elle sera en conjonction avec Vénus le 3/06 et Mars le 3/07.
Saturne quittera le Taureau pour Orion du 30/08 au 24/11 puis reviendra devant cette constellation. En conjonction avec le Soleil le 9/06, elle est observable le soir jusqu'au 1er juin puis à l’aube à partir du 20 juin. En opposition au Soleil le 17/12, Saturne est alors visible toute la nuit. La planète aux anneaux, de couleur orangée, sera repérable à proximité angulaire de la Lune les 24/01, 20 et 21/02, 19 et 20/03, 16/04, 14/05, 8 et 9/07, 5/08, 1 et 2/09, 29/09, 26/10, 21 et 22/11, 19/12. Elle sera en conjonction avec Mars le 4/05, Vénus le 7/05 et Mercure le 2/07.
Uranus
est devant les étoiles du Capricorne jusqu’au 30/03, du Verseau
jusqu’au 11/08 avant de revenir devant le Capricorne. En
Conjonction avec le Soleil le 13/02, elle est inobservable au 1er trimestre.
En opposition au Soleil le 20/08, elle est repérable, en limite de
visibilité à l’œil nu, par nuit noire, de fin mai
à début novembre.
Neptune est toujours devant le Capricorne. Inobservable à l’œil nu, elle ne pourra être repérée qu’au télescope ; la meilleure période se situe autour de l’opposition au Soleil (2/08).
Pluton
se déplace près d’êta Ophiuchus mais reste inaccessible
aux petits instruments ; elle est seulement repérable à la caméra
CCD comme beaucoup d’astéroïdes. La petite planète
double est opposée au Soleil le 07/06 à 4416 millions de km
de la Terre.
ETOILES
Quelques étoiles reviennent souvent dans les éphémérides car, proches de la bande zodiacale, elles peuvent être repérées grâce à la Lune (le plus souvent) ou grâce aux planètes brillantes (Vénus et Jupiter essentiellement). Parlons un peu d’elles dans cette présentation générale de l’année astronomique 2001. Rappelons, en préambule, que le kilomètre étant une unité minuscule en astronomie, les astronomes préfèrent utiliser, comme unité de longueur, la distance parcourue par la lumière dans le vide en un an ; cette unité, baptisée année de lumière (symbole : al), vaut presque 10 000 milliards de km (10 000 000 000 000 km).
Aldébaran
(= alpha Taureau = « l’œil du Taureau ») est une étoile
géante rouge dont le diamètre est égal à 54 fois
celui du Soleil, soit la moitié de la distance Terre-Soleil. Elle est
située à 65 al de nous et brille comme 150 soleils. Avec l’amas
ouvert des Hyades (situé à 155 al de nous), elle forme - en
apparence - la gueule du Taureau que chasse le géant Orion.
Dans la même constellation, se trouve l’amas ouvert des Pléiades
dont la forme rappelle - en bien plus petit - la Petite Ourse. On peut y voir
cinq à sept étoiles à l’œil nu et bien plus
aux jumelles et à la lunette astronomique. C’est un ensemble
d’étoiles jeunes (quelques dizaines de millions d’années
seulement ) situé à 400 al de nous.
Aldébaran, en conjonction avec le Soleil le 1er juin, est inobservable autour de cette date. Les rapprochements angulaires intéressants avec la Lune auront lieu les 23 et 24/01, 20 et 21/02, 19 et 20/03, 15 et 16/04, 07 et 08/07, 03 et 04/08, 30 et 31/08, 26 et 27/09, 24 et 25/10, 20 et 21/11 et 17 et 18/12.
Castor
(= alpha), Pollux (= bêta) et Alhena (= gamma), les trois plus brillantes
étoiles des Gémeaux sont respectivement à 52, 34 et 110
al de nous. C’est la plus proche qui nous paraît la plus brillante,
alors qu’en réalité, c’est la plus éloignée
qui est intrinsèquement la plus lumineuse. Castor est une étoile
sextuple : 6 « soleils » tournant les uns autour des autres.
La Lune vous permettra de repérer les Gémeaux les 26 et 27/01,
23 et 24/02, 22 et 23/03, 18 et 19/04, 16 et 17/05, 06 et 07/08, 02 et 03/09,
30/09, 27 et 28/10, 23 et 24/11, 20 et 21/12.
Régulus (= alpha Lion) est située sur l’écliptique. Le Soleil passe donc devant elle un jour par an, (jour de conjonction le 23/08) ; elle ne sera évidemment pas visible autour de cette date, mais vous pourrez aisément la trouver dans le ciel grâce à la Lune les 03/01, 30/01, 26/02, 26/03, 22/04, 19/05, 15 et 16/06, 13/07, 06/09, 03/10, 31/10, 27/11, 24/12.
Spica ( = alpha Vierge) est proche de l’écliptique et peut - comme Régulus - être occultée par la Lune. Cette étoile a été choisie comme référence lors de la définition des magnitudes au XIXe siècle (par analogie avec les « grandeurs » d’Hipparque, astronome du 2ème siècle avant J.C.) : sa magnitude a été fixée à 1 alors que les étoiles les plus faibles visibles à l’œil nu se sont vues attribuer la magnitude 6. Les mesures précises de la sonde Hipparcos lui attribuent aujourd’hui une magnitude de 0,98. Elle est en conjonction avec le Soleil le 16 octobre et est donc inobservable ce mois-là. La Lune vous permettra de la repérer les 07/01, 02/02, 02/03, 29/03, 26/04, 23/05, 19/06, 16/07, 13/08, 09/09, 04/11 30/11, 01/12 et 28/12.
Antarès (= alpha Scorpion) et les pattes du Scorpion sont également repérables régulièrement grâce à la Lune. Antarès est une étoile qui doit son nom à sa couleur rougeâtre rappelant celle de la planète Mars (Antarès : du grec anti-Arès, rival de Mars). C’est une étoile géante dont le diamètre atteint 500 fois celui du Soleil : si le centre d’Antarès se trouvait au centre du Soleil, Mercure, Vénus, la Terre et Mars se trouveraient, sur leurs trajectoires respectives, à l’intérieur de l’étoile. Elle brille comme 10000 soleils mais, comme Aldébaran, va bientôt mourir (dans quelques millions d’années). Heureusement qu’elle est loin de nous, à 700 années de lumière. Elle est en conjonction avec le Soleil le 1er décembre.
Acrab (= bêta Scorpion) est l’extrémité de l’une des pattes du Scorpion (magnitude 2,56). A 500 al de nous, elle brille comme 2000 soleils. Il en est de même de l’étoile delta Scorpion (m = 2,29), extrémité de la patte voisine, située à 400 al de la Terre.
Le
Soleil passe à proximité angulaire des pattes du Scorpion et
d’Antarès à la fin du mois de novembre et rend cette belle
constellation inobservable autour de cette période.
A chaque révolution sidérale, la Lune revient à côté
des ces étoiles et permet ainsi de les repérer. Ce sera particulièrement
le cas cette année, les 10/01, 06 et 07/02, 06/03, 01 et 02/04, 29
et 30/04, 26 et 27/05, 22 et 23/06, 19 et 20/07, 16 et 17/08, 12 et 13/09
09 et 10/10, 06 et 07/11, 31/12.
Bonnes
observations et rendez-vous chaque début de mois pour plus de précisions.
Michel VIGNAND,
Association Astronomique de la Réunion
Observatoire des Makes.