Le ciel en 2002 :
     Le Soleil et la Lune rythmeront comme d’habitude cette nouvelle année. Rappelons en effet que nos unités traditionnelles de temps sont la conséquence de l’observation assidue de ces deux objets célestes par les anciens astronomes pendant de nombreux siècles :

- le jour, durée séparant deux passages consécutifs du Soleil au méridien (calendrier julien),
- le mois, lunaire à l’origine,
- l’année, qui peut être :
    - lunaire (calendrier musulman),
    - solaire (calendrier civil, calendrier tamoul),
    - luni-solaire (calendrier chinois).

     La notion d’ère est purement conventionnelle et liée aux religions ou sociétés. Quand un peuple créait un nouveau calendrier, il devait choisir un point de départ, une année « un » (et pas « zéro » car ce nombre a été inventé tardivement). Le choix fut de nature historique ou imaginaire, symbolique… Mais ce ne fut jamais l’année de la décision : toujours une année d’un passé plus ou moins lointain et souvent imaginaire.
C’est ainsi que le calendrier musulman fut adopté vers l’an 632 et a pour origine le jour où Mahomet quitta la Mecque pour Médine en l’an 622 (Hégire).
L’origine du calendrier israélite est la date présumée de la Création ; c’est ainsi que l’année hébraïque 5761 a débuté le 30 septembre 2000. Par analogie, remarquons que la théorie du Big Bang fait remonter la naissance de l’Univers à 15 milliards d’années et celle de la Terre à 4,5 milliards…
Les bouddhistes prennent pour point de départ l’année de la mort de Bouddha ; Nous allons donc atteindre l’année 2546 de ce calendrier.
L’ère japonaise commence avec l’accession au trône du 1er souverain, en 660 av JC.
L’ère tamoule débute en 3101 av JC ; elle fut décidée vers 400 ap JC.
Les trois dates précédentes ont été traduites dans le calendrier civil actuel, descendant des calendriers romains. Ceux-ci prennent pour point de départ la naissance supposée de Rome, il y a 2753 ans.
Le choix de la naissance du Christ pour origine de notre calendrier le fut sur proposition du moine Denys le Petit qui déclara que l’on se trouvait en « l’an 532 de Notre Seigneur Jésus Christ, indiction 10, épacte 0, … ». Il faisait donc remonter la naissance de Jésus Christ à l’an 753 du calendrier julien (en vigueur alors). Hélas, la tenue des éphémérides n’était pas alors aussi régulière et aussi précise qu’aujourd’hui : les recherches historiques contemporaines font remonter cette naissance 5 ans plus tôt (+ ou – 2 ans).

LE SOLEIL

     Début des saisons astronomiques :

- Equinoxe de mars le mercredi 20 à 23h16,
- Solstice de juin le vendredi 21 à 17h24 (jour le plus court),
- Equinoxe de septembre le lundi 23 à 8h55,
- Solstice de décembre le dimanche 22 à 5h14 (jour le plus long).

     Passages du Soleil au zénith de la Réunion :
Du 14 au 16 janvier et du 26 au 28 novembre.

     Distances de la Terre au Soleil :
La Terre passera au périhélie de sa trajectoire le 2/01 à 147,1 millions de km du Soleil. Elle passera à l’aphélie le 6/07 à 152,1 millions de km du Soleil.

     Levers et couchers du Soleil :
Jours où le Soleil se couche le plus tard : du 8 au 24 janvier.
Jours où le Soleil se couche le plus tôt : du 30 mai au 14 juin.
Jours où le Soleil se lève le plus tard : du 30 juin au 10 juillet.
Jours où le Soleil se lève le plus tôt : du 21 novembre au 3 décembre.

Passage au méridien de Saint-Denis le plus tard : le 11 février : 12h32.
Passage au méridien de Saint-Denis le plus tôt : le 3 novembre : 12h02.
(Pour le méridien de Saint-Benoît, retrancher 1 minute ; pour le méridien de Saint-Paul, ajouter 1 minute).

Le zodiaque

     Les éphémérides astronomiques permettent de calculer les heures «d’entrée» du centre du Soleil devant chacune des constellations zodiacales (à 5 min près) :

Capricorne : 20/01 à 1h55 Verseau : 16/02 à 12h10 Poissons : 12/03 à 14h10
Bélier : 19/04 à 1h25 Taureau : 14/05 à 12h50 Gémeaux : 21/06 à 20h45
Cancer : 21/07 à 1h25 Lion : 11/08 à 0h50 Vierge : 17/09 à 1h40
Balance : 31/10 à 14h05 Scorpion : 23/11 à 17h35 Ophiuchus : 30/11 à 5h00
Sagittaire : 18/12 à 12h05

De plus, le 27 mars, une partie du Soleil est devant la Baleine alors que l’autre partie est devant les Poissons.

Eclipse de Soleil

     Une éclipse totale de Soleil sera en partie visible de la Réunion le 4 décembre. Le phénomène débutera vers 9h38 ; le maximum de l’éclipse aura lieu à 10h55 (coefficient : 0,55) ; elle se terminera vers 12h20, presque au zénith.

     Pour voir le « Soleil noir », il faudra aller, par exemple, dans le parc Krugger en Afrique du Sud. L’observatoire organise un voyage à cette occasion.

LA LUNE

     Douze nouvelles lunes (N.L.) auront lieu en 2002.

La 2e N.L. (12/02 à 11h41) marquera le Jour de l’An chinois (an 4700).

La 3e N.L. (14/03 à 6h03) permettra de déterminer le jour de l’an musulman (an 1423).

     C’est La 3e Pleine Lune (28/03 à 22h25) qui servira de repère à la détermination de la date de Pâques et, à partir de là, à celle des fêtes catholiques mobiles de Mardi Gras à Pentecôte (en application de la règle qui prévaut depuis le 1er concile de Nicée en 325).

La neuvième N.L. (7/09 à 7h10) marquera le nouvel an hébraïque (an 5763).

La onzième N.L. (5/11 à 0h34) servira de repère au début de Ramadan 1423.

La dernière N.L. (4/12 à 11h34) marquera la fin de Ramadan.

     Des 14 passages au périgée, c’est celui du 28/02 qui sera le plus proche de la Terre (356 897 km) et celui du 19/06 le moins proche (369 309 km). Quant aux 13 passages à l’apogée, c’est celui du 14/03 qui sera le plus éloigné ( 406 707 km) et celui du 2/07 le moins éloigné (404 210 km).

A chaque lunaison, la Lune passera angulairement près des étoiles Aldébaran et Régulus.

LES PLANETES

     Les 5 planètes visibles à l’œil nu seront visibles ensemble, au crépuscule, du 20 avril au 20 mai environ. Le rapprochement apparent le plus « serré » aura lieu du 4 au 16 mai. La Lune sera dans la même région céleste du 13 au 16 mai. En mai, les 7 « luminaires » seront dans un secteur inférieur à 60° ; ce n’est pas pour cela que le ciel vous tombera sur la tête !!!

     Mercure effectuera environ quatre révolutions autour du Soleil, pendant que la Terre en effectuera une, et reviendra presque 3 fois dans la même position par rapport au couple Soleil Terre. Nous assisterons ainsi à 4 élongations maximales du soir (12/01, 4/05, 1/09 et 26/12) et trois élongations maximales du matin (21/02, 21/06 et 13/10). Ces six dates nous permettent de connaître les bonnes périodes de visibilité de cette planète au crépuscule ou à l’aube. Mercure sera repérable à proximité angulaire de la Lune au crépuscule des 14 et 15/01, 13 et 14/05, 9 et 10/08, 8/09 et 4 et 5/12 ; à l’aube, ce sera les 10 /02, 12/03, 9/06, 5 et 6/10.
Mercure sera en conjonction avec Saturne le 2/07.

     Vénus sera en conjonction supérieure avec le Soleil le 14/01 ; inobservable autour de cette date, elle devient belle étoile du soir pendant la plus grande partie de l’année (maximum d’élongation du soir le 22/08 à 46° du Soleil). En conjonction inférieure avec le Soleil le 31/10, elle sera inobservable pendant une semaine et deviendra ensuite « étoile du matin ».
Vous pourrez essayer de la voir le jour, à côté de la Lune, les 13/01, 15/03, 13/07 et 30/12 principalement. Trois conjonctions de Vénus avec d’autres planètes sont à retenir cette année : une avec Saturne le 7/05, une avec Mars le 10/05 et la dernière avec Jupiter le 3/06.

     Mars, la rougeâtre, en conjonction avec le Soleil le 11/08, ne sera pas visible de mi-juillet à mi-septembre. Dès le mois de mai, son éclat ne dépassera pas celui d’une étoile de 2e grandeur. Cette petite planète sera donc difficile à repérer cette année sauf voisinage
de la Lune ou de planètes ou étoiles brillantes. C’est ainsi qu’elle sera à proximité angulaire de la Lune les 18/01, 14/05, 12/06, 5/10, 1 et 30/12. Elle sera en conjonction avec Saturne le 4/05, avec Vénus le 10/05 et Jupiter le 3/07. A noter qu’elle sera proche de Vénus en décembre.

     Jupiter, en opposition avec le Soleil le 1/01, sera observable toute la nuit autour de cette date. En conjonction avec le Soleil le 20/07, elle ne sera pas repérable du 10 au 31/07 ; observer son lever héliaque en août. La planète géante, de couleur blanchâtre, sera à côté de la Lune les 26/01, 22 et 23/02, 22/03, 18 et 19/04, 16/05, 13 et 14/06, 6 et 7/08, 4 et 5/09, 2/01, 29/10, 26/11, 23 et 24/12. Elle sera en conjonction avec Vénus le 3/06 et Mars le 3/07.

     Saturne quittera le Taureau pour Orion du 30/08 au 24/11 puis reviendra devant cette constellation. En conjonction avec le Soleil le 9/06, elle est observable le soir jusqu'au 1er juin puis à l’aube à partir du 20 juin. En opposition au Soleil le 17/12, Saturne est alors visible toute la nuit. La planète aux anneaux, de couleur orangée, sera repérable à proximité angulaire de la Lune les 24/01, 20 et 21/02, 19 et 20/03, 16/04, 14/05, 8 et 9/07, 5/08, 1 et 2/09, 29/09, 26/10, 21 et 22/11, 19/12. Elle sera en conjonction avec Mars le 4/05, Vénus le 7/05 et Mercure le 2/07.

     Uranus est devant les étoiles du Capricorne jusqu’au 30/03, du Verseau jusqu’au 11/08 avant de revenir devant le Capricorne. En
Conjonction avec le Soleil le 13/02, elle est inobservable au 1er trimestre. En opposition au Soleil le 20/08, elle est repérable, en limite de visibilité à l’œil nu, par nuit noire, de fin mai à début novembre.

     Neptune est toujours devant le Capricorne. Inobservable à l’œil nu, elle ne pourra être repérée qu’au télescope ; la meilleure période se situe autour de l’opposition au Soleil (2/08).

     Pluton se déplace près d’êta Ophiuchus mais reste inaccessible aux petits instruments ; elle est seulement repérable à la caméra CCD comme beaucoup d’astéroïdes. La petite planète double est opposée au Soleil le 07/06 à 4416 millions de km de la Terre.

ETOILES

     Quelques étoiles reviennent souvent dans les éphémérides car, proches de la bande zodiacale, elles peuvent être repérées grâce à la Lune (le plus souvent) ou grâce aux planètes brillantes (Vénus et Jupiter essentiellement). Parlons un peu d’elles dans cette présentation générale de l’année astronomique 2001. Rappelons, en préambule, que le kilomètre étant une unité minuscule en astronomie, les astronomes préfèrent utiliser, comme unité de longueur, la distance parcourue par la lumière dans le vide en un an ; cette unité, baptisée année de lumière (symbole : al), vaut presque 10 000 milliards de km (10 000 000 000 000 km).

     Aldébaran (= alpha Taureau = « l’œil du Taureau ») est une étoile géante rouge dont le diamètre est égal à 54 fois celui du Soleil, soit la moitié de la distance Terre-Soleil. Elle est située à 65 al de nous et brille comme 150 soleils. Avec l’amas ouvert des Hyades (situé à 155 al de nous), elle forme - en apparence - la gueule du Taureau que chasse le géant Orion.
Dans la même constellation, se trouve l’amas ouvert des Pléiades dont la forme rappelle - en bien plus petit - la Petite Ourse. On peut y voir cinq à sept étoiles à l’œil nu et bien plus aux jumelles et à la lunette astronomique. C’est un ensemble d’étoiles jeunes (quelques dizaines de millions d’années seulement ) situé à 400 al de nous.

     Aldébaran, en conjonction avec le Soleil le 1er juin, est inobservable autour de cette date. Les rapprochements angulaires intéressants avec la Lune auront lieu les 23 et 24/01, 20 et 21/02, 19 et 20/03, 15 et 16/04, 07 et 08/07, 03 et 04/08, 30 et 31/08, 26 et 27/09, 24 et 25/10, 20 et 21/11 et 17 et 18/12.

     Castor (= alpha), Pollux (= bêta) et Alhena (= gamma), les trois plus brillantes étoiles des Gémeaux sont respectivement à 52, 34 et 110 al de nous. C’est la plus proche qui nous paraît la plus brillante, alors qu’en réalité, c’est la plus éloignée qui est intrinsèquement la plus lumineuse. Castor est une étoile sextuple : 6 « soleils » tournant les uns autour des autres.
La Lune vous permettra de repérer les Gémeaux les 26 et 27/01, 23 et 24/02, 22 et 23/03, 18 et 19/04, 16 et 17/05, 06 et 07/08, 02 et 03/09, 30/09, 27 et 28/10, 23 et 24/11, 20 et 21/12.

     Régulus (= alpha Lion) est située sur l’écliptique. Le Soleil passe donc devant elle un jour par an, (jour de conjonction le 23/08) ; elle ne sera évidemment pas visible autour de cette date, mais vous pourrez aisément la trouver dans le ciel grâce à la Lune les 03/01, 30/01, 26/02, 26/03, 22/04, 19/05, 15 et 16/06, 13/07, 06/09, 03/10, 31/10, 27/11, 24/12.

     Spica ( = alpha Vierge) est proche de l’écliptique et peut - comme Régulus - être occultée par la Lune. Cette étoile a été choisie comme référence lors de la définition des magnitudes au XIXe siècle (par analogie avec les « grandeurs » d’Hipparque, astronome du 2ème siècle avant J.C.) : sa magnitude a été fixée à 1 alors que les étoiles les plus faibles visibles à l’œil nu se sont vues attribuer la magnitude 6. Les mesures précises de la sonde Hipparcos lui attribuent aujourd’hui une magnitude de 0,98. Elle est en conjonction avec le Soleil le 16 octobre et est donc inobservable ce mois-là. La Lune vous permettra de la repérer les 07/01, 02/02, 02/03, 29/03, 26/04, 23/05, 19/06, 16/07, 13/08, 09/09, 04/11 30/11, 01/12 et 28/12.

     Antarès (= alpha Scorpion) et les pattes du Scorpion sont également repérables régulièrement grâce à la Lune. Antarès est une étoile qui doit son nom à sa couleur rougeâtre rappelant celle de la planète Mars (Antarès : du grec anti-Arès, rival de Mars). C’est une étoile géante dont le diamètre atteint 500 fois celui du Soleil : si le centre d’Antarès se trouvait au centre du Soleil, Mercure, Vénus, la Terre et Mars se trouveraient, sur leurs trajectoires respectives, à l’intérieur de l’étoile. Elle brille comme 10000 soleils mais, comme Aldébaran, va bientôt mourir (dans quelques millions d’années). Heureusement qu’elle est loin de nous, à 700 années de lumière. Elle est en conjonction avec le Soleil le 1er décembre.

     Acrab (= bêta Scorpion) est l’extrémité de l’une des pattes du Scorpion (magnitude 2,56). A 500 al de nous, elle brille comme 2000 soleils. Il en est de même de l’étoile delta Scorpion (m = 2,29), extrémité de la patte voisine, située à 400 al de la Terre.

     Le Soleil passe à proximité angulaire des pattes du Scorpion et d’Antarès à la fin du mois de novembre et rend cette belle constellation inobservable autour de cette période.
A chaque révolution sidérale, la Lune revient à côté des ces étoiles et permet ainsi de les repérer. Ce sera particulièrement le cas cette année, les 10/01, 06 et 07/02, 06/03, 01 et 02/04, 29 et 30/04, 26 et 27/05, 22 et 23/06, 19 et 20/07, 16 et 17/08, 12 et 13/09 09 et 10/10, 06 et 07/11, 31/12.

     Bonnes observations et rendez-vous chaque début de mois pour plus de précisions.

Michel VIGNAND,
Association Astronomique de la Réunion
Observatoire des Makes.